jeudi 18 décembre 2008

Ce que vous n'avez pas vu à la télé

Le 16 décembre à Strasbourg, 15 000 travailleurs venus de toute l'Europe s'étaient donnés rendez-vous à l'appel de leurs syndicats pour protester contre la directive européenne qui prévoit de passer la durée maximale hebdomadaire de travail de 48 heures à 65 heures.
1 000 cégétistes participaient à ce rassemblement.
La télé "Sarkozienne" est déjà à l'œuvre

La France qui lutte

Pour terminer 2008 avec optimisme et préparer une rentrée fracassante en 2009, notamment avec le rendez-vous syndical interprofessionnel et national inédit du 29 janvier, il n'est pas inutile de livrer quelques réflexions sur les conflits et les formes d'actions à un moment où les jeunes lycéens viennent de contraindre Nicolas Sarkozy à reculer.



Une vérité pas bonne à dire : les conflits progressent

Pourquoi répète-t-on depuis des années que les grands conflits sociaux dans notre pays sont en diminution ? Pourquoi Nicolas Sarkozy se permet-il de dire effrontément "Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit" ?

Depuis plusieurs années, le ministère du Travail mesure la conflictualité en se contentant de comptabiliser le nombre de journées individuelles non travaillées pour fait de grève. Cette façon de voir les choses réduit le conflit uniquement à la grève, gommant ainsi toutes les autres formes de contestation sur le lieu de travail, comme la pétition ou la manifestation. Il y a divers moyens employés par les travailleurs pour exprimer leurs revendications et leur mécontentement.
Toutes ces formes d'action n'évoluent pas de façon identique. La seule à connaître un tassement est la grève de plus de jours. En revanche, toutes les autres formes d'action sont à la hausse.

L'industrie en tête de luttes

L'industrie demeure bien le lieu central d'éclosion des grèves et plus généralement des conflits du travail.
41,5 % des établissements de cette branche ont connu un conflit contre 30,1 % pour les établissements de services et 18 % dans la construction et le commerce.
La médiatisation de quelques luttes spectaculaires et les bouleversements économiques qui sont intervenus dans l'industrie pouvaient laisser croire que les conflits industriels se réduisaient à des actes sporadiques et désespérés pour le maintien de l'emploi. Il n'en est rien. Les occupations d'usines avec séquestration ou les menaces de destruction de biens, signes de la "désespérance" des salariés, demeurent exceptionnelles. La surexploitation de ces événements masque la diversité des motifs et des pratiques d'une contestation beaucoup plus ordinaire.

Des revendications multiples

Le caractère revendicatif du monde du travail n'a pas perdu de sa vigueur, même si la nature des revendications évolue nécessairement.
Ainsi, l'emploi occupe le 3ème rang. Cette revendication apparaît dans 21 % des conflits, alors que les salaires sont au cœur de plus de 50 % des luttes. Les revendications liées à la durée du travail interviennent pour 29 % dans les conflits.
Le refus d'effectuer des heures supplémentaires est le type de conflit qui a le plus augmenté comparativement aux années quatre vingt dix et deux mille. Alors du "travailler plus pour gagner plus" et de la mise à bas des 35 heures, cette situation ne manque pas de piquant !

Les formes de protestations varient selon la taille des entreprises et l'importance de la présence syndicale

Le secteur industriel demeure toujours le secteur le plus conflictuel, mais la façon dont on y proteste connaît des transformations. Un bon exemple en est fourni par le recours aux débrayages qui témoignent aussi bien de la mobilisation que du renouveau de ses techniques. Un arrêt de travail, même de très courte durée, peut avoir des répercussions sérieuses sur une production à flux tendu.
Comme par le passé, la taille des établissements et la présence syndicale jouent un rôle décisif dans le déclenchement des mouvements. Les entreprises connaissent une situation plus agitée quand elles sont dotées de délégués syndicaux. 50 % des entreprises déclarent un conflit lorsqu'il y a des syndicats, 20 % lorsque sont seulement présents des représentants élus et 15 % lorsqu'il n'y a pas de représentant. Voilà qui tord le cou à l'idée que les syndicats seraient devenus de simples appareils bureaucratiques détachés de leur base.
Enfin, une autre idée reçue prendra l'eau, celle qui faisait croire aux vertus purificatrices de la négociation et de la nécessaire adaptation des syndicats à des pratiques plus consensuelles. Les enquêtes montrent, au contraire, qu'une forte activité de négociation va de pair avec un haut niveau de conflictualité.
La négociation fait surgir le conflit et, inversement, le conflit crée les conditions de la négociation. L'opposition entre négociation et conflit, la première étant appelée à se substituer au second, relève d'une vue de l'esprit et ne résiste pas à l'épreuve des faits.

Les fausses vertus des méthodes de management

Les vertus supposées des différents outils de management battent aussi de l'aile. Ces derniers ont été employés pour, au gré des modes successives, assouplir des échelons hiérarchiques, accroître la motivation et l'initiative des salariés, ou encore renforcer la capacité de l'encadrement à identifier les attentes et les problèmes du personnel. Ils ont surtout été pensés comme des moyens de contourner les syndicats, de réduire leur influence et l'obtenir, par d'autres biais que la prescription stricte des tâches et la pression hiérarchique, des formes de consentement au travail.
Or, là encore, la réalité des relations sociales inviter à relativiser leur impact : les dispositifs visant à favoriser la "participation" des salariés ne provoquent pas une baisse de la conflictualité, au contraire, et cela est vrai indépendamment de la taille de l'entreprise, du secteur d'activité, de la présence ou l'absence de syndicat. Les établissements où se tiennent des réunions régulières avec les salariés (dans le cadre d'ateliers, de bureaux, de groupes de qualité, etc.) et où sont mises en œuvre d'autres techniques d'expression (boîtes à idées, enquêtes de satisfaction) déclarent plus de conflits, avec ou sans arrêt de travail, que ceux qui s'en abstiennent.

Les contestations individuelles et collectives

Parmi les formes de résistance, le recours au Conseil des prud'hommes reste un moyen complémentaire ou supplémentaire aux autres modes d'action.
Près de 200 000 saisines ont lieu chaque année, à l'initiative des salariés, le plus souvent conseillés, soutenus ou défendus par les syndicats.
Le recours aux prud'hommes est passé de 36 % à 42 % entre les années quatre vingt dix et deux mille. Cela témoigne de l'âpreté des relations de travail. On constate que les actions individuelles sont souvent associées fortement aux actions collectives sous forme d'arrêts de travail, de pétitions, de manifestations... Souvent une démarche individuelle peut constituer le préalable à une mobilisation collective qui prendra forme en raison d'un événement donné ou du rôle catalyseur joué par les syndicalistes.

lundi 15 décembre 2008

Répression syndicale à grande échelle

La Confédération Syndicale Internationale (CSI) vient de publier son dernier rapport annuel sur les violations des droits syndicaux, couvrant l'évolution de la situation dans 138 pays en 2007. Au total, 91 syndicalistes ont été assassinés dans le monde. Parmi eux, 39 en Colombie, et 30 en Guinée, lors de manifestations brutalement réprimées ; 73 syndicalistes ont été incarcérés, dont 40 en Iran 14 au Maroc, 7 en Birmanie. La CSI attire de nouveau l'attention dans ce rapport sur la situation spécifique des travailleurs migrants, souvent soumis à des abus criants et privés de tout droit de syndicalisation ou de représentation, et sur les nombreuses violations des droits des travailleurs dans les zones franches d'exportation. L'on doit en outre rappeler (même si ce n'est pas l'objet spécifique du rapport), que les syndicalistes subissent aussi, à l'instar d'autres défenseurs des droits humains, les violations massives des droits liées aux situations de dictature, de guerre, d'occupation...

Cri d'alarme pour le Secrétaire général de la CSI

La répression contre des activités syndicales légitimes garanties en vertu des conventions de l'OIT s'est poursuivie sans répit dans tous les continents. Le meurtre, la violence et la torture, outre le harcèlement, les licenciements illégaux et l'incarcération ont fait partie des procédés employés pour empêcher des travailleuses et des travailleurs de s'organiser en syndicats et d'entreprendre des négociations collectives pour des meilleurs salaires et conditions de travail. Plusieurs gouvernements se sont empressés de soutenir les employeurs. De façon détournée ou ouverte, dans leurs tentatives de bafouer les droits fondamentaux de leurs salariés.
Le Secrétaire général de la CSI s'alarme de ce que "les gouvernements ont négligés de faire le nécessaire pour protéger les droits des travailleurs, que ce soit à l'échelle nationale ou dans le cadre de leurs relations diplomatiques, économiques et commerciales internationales".

Syndicalisme en danger dans les Amériques

"La situation des syndicalistes sur le continent américain est dramatique", analyse la CSI. Cette partie du monde demeure la plus meurtrière pour les syndicalistes, principalement en Colombie, où 39 syndicalistes ont perdu la vie, et au Guatemala. Sur le continent, assassinats, enlèvements, menaces de mort, attaques et violations de domiciles sont légions, de même que licenciements arbitraires et transferts de dirigeants syndicaux, outre les interventions musclées de la police lors de mobilisations. Les plantations de bananes subissent fréquemment la répression antisyndicale. Les entreprises au sein des zones franches d'exportation respectent rarement les droits syndicaux les plus élémentaires. Aux Etats-Unis, la "guerre contre le terrorisme" a servi de prétexte aux restrictions des droits syndicaux et des campagnes hostiles sont souvent organisées contre l'établissement de nouveaux syndicats.

Répressions violentes en Afrique

La répression antisyndicale a frappé des dizaines de milliers d'hommes et de femmes "qui ne revendiquaient rien d'autre qu'un travail décent et un avenir pour leurs enfants", précise le rapport. "Le caractère antidémocratique de nombreux régimes politiques, l'absence d'état de droit ainsi que des législations du travail défaillantes ont permis à nombre de dirigeants et d'employeurs d'exercer une pression intolérable sur les syndicats et leurs membres". C'est notamment le cas en Guinée, où les violences policières ont fait entre autre 129 morts et 1700 blessés, lors de la mobilisation des centaines de grévistes suspendus, des dizaines licenciés, battus et arrêtés comme 22 femmes de mineurs. Au Mozambique, un gréviste a été abattu dans une plantation de cannes à sucre. Le contexte est marqué par la détérioration du climat social, la hausse du prix des denrées et services de première nécessité.
"En défiant les autorités pour défendre leur cause, beaucoup de travailleurs se sont exposés à les violences policières et des sanctions injustes, notamment au Burkina Faso, au Cameroun, en République démocratique du Congo, en Guinée-Bissau, en Côte-d'Ivoire, en Mauritanie, en Namibie, en Ouganda et en Tunisie. Avec des centaines de licenciements lors de la plus importante grève de l'histoire post-apartheid en Afrique du Sud, 1 000 mineurs renvoyés par le groupe canadien Barrick en Tanzanie et jusqu'à 34 000 grévistes saqués le même jour par un gouverneur au Nigeria" précise la CSI.

Europe : climat antisyndical

Si "l'Europe reste le modèle à suivre en matière sociale..., les droits syndicaux sont loin d'y être garantis. Ce phénomène est observé aussi bien dans les bastions traditionnel du syndicalisme en Occident que dans les économies en transition orientale".
"Le droit de grève a été mis à mal dans plusieurs états membres de l'Union européenne. Deux décisions de la Cour de justice européenne dans le cas Laval et Viking ont démontré que l'interprétation de la loi favorise rarement la protection des droits syndicaux et des travailleurs lorsque des intérêts commerciaux et sociaux entrent en conflit. En France, le gouvernement de Nicolas Sarkozy a promulgué une loi limitant sévèrement le droit de grève dans le secteur des transports en communs. Même son de cloche en Belgique". Quant aux multinationales occidentales : "il n'est pas rare qu'elles affichent des attitudes antisyndicales en Europe orientale". Les travailleurs migrants font aussi l'objet de nombreuses discriminations.

Asie-Pacifique : Droits étouffés / Moyen-Orient : Répression massive

"Assassinats, passages à tabac, licenciements... De nombreux gouvernements et employeurs asiatiques ne reculent devant rien pour tenter de réduire au silence les syndicats". Le rapport de la CSI dénonce les pratiques "barbares qui ont frappé des dizaines de milliers de travailleurs asiatiques en 2007". Le Philipines sont l'un des pays où les violations sont parmi les plus graves sur le continent. En Chine, les tentatives d'action syndicale indépendante sont durement réprimées : "Des dizaines de militants et dirigeants syndicaux indépendants incarcérés au cours des dernières années sont restés en prison, dans les camps de rééducation par le travail et dans des instituts psychiatriques". Au Japon, l'interdiction de grève reste de mise dans la fonction publique. En Asie, le rapport accuse plusieurs multinationales pour violations des droits syndicaux, dénonce les restrictions au droit syndical dans les zones franches d'exportation et le manque de protections élémentaires pour les travailleurs migrants.
"Le Moyen-Orient reste une région très hostile à l'exercice des droits syndicaux", indique la CSI. En Iran, la répression anti-syndicale est massive et sévère. "Les nombreux travailleurs migrants restent privés de leurs droits les plus élémentaires, en particulier les travailleuses migrantes domestiques encore trop souvent victimes de conditions épouvantables". Progrès cependant : ces huit dernières années, Bahreïn, Oman, le Qatar, l'Arabie saoudite, le Yémen et les Emirats arabes unis ont introduit des législations du travail. Mais elles accusent encore de graves carences.

Le droit à la paresse

"Prêtant l'oreille aux fallacieuses paroles des économistes, les prolétaires se sont livrés corps et âme aux vices du travail, ils précipitent la société toute entière dans ces crises industrielles de surproduction qui convulsent l'organisme social. Alors, parce qu'il y a pléthore de marchandise et pénurie d'acheteurs, les ateliers se ferment et la faim cingle les populations ouvrières...". Ainsi écrivait, en 1883, le militant ouvrier Paul Lafargue. C'était l'époque du capitalisme triomphant, de la suprématie royale des banques ; mais aussi des tragédies de Courrières. Les travailleurs luttaient alors pour la journée de huit heures. Cent vingt ans après, où en sommes-nous ? "Travaillez plus, vous gagnerez plus", et de travailler le dimanche, et de supprimer des jours fériés, et d'emmener du travail à la maison. Le dieu Travail commande tout. Lafargue, reviens vite !

mercredi 10 décembre 2008

De l'argent, il y en a !

100 milliards mobilisables :

La CGT propose de promouvoir une plus grande efficacité budgétaire en réorientant 100 milliards d'euros de dépenses, effectuées certes au nom de l'emploi et de l'investissement, mais qui s'avèrent inefficaces, voire contre-productives. C'est le cas notamment des quelques 30 milliards d'exonérations de cotisations sociales, elles s'élevaient à 28,9 milliards d'euros en 2007, accordées aux entreprises. Non seulement elles ne génèrent que peu d'emplois mais, en abaissant le coût du travail, elles créent "une trappe à bas salaires" qui fait pression sur l'ensemble des rémunération et alimente l'insuffisance chronique de la demande. C'est aussi le cas des 70 milliards de cadeaux fiscaux généreusement accordés aux plus riches sous la forme de niches fiscales qui, pour l'essentiel, alimentent les marchés financiers. Ces sommes pourraient être plus utilement utilisées à l'abondement de fonds qui, sous le contrôle des salariés et de leurs représentants, financeraient un vaste plan de développement des qualifications et des projets d'investissements créateurs d'emplois. Elles permettraient aussi de satisfaire les dépenses sociales prioritaires.

Prud'hommes : la CGT en tête presque partout


Pains perdus

20 heures, j'entre chez Paul, la boulangère s'affaire : "Ras-le-bol de jeter ce pain tous les soirs", bazardant des dizaines de pains de campagne et de brioches fraîches. Et moi de m'étonner : "Mais pourquoi ne pas les donner ? Pas le droit de les donner, ni à vous, ni aux clochards, ni même de les emporter chez moi". Désabusée, elle finit par me fourrer discrètement dans un sac deux de ses pains condamnés. 20h05, même rue, un drôle de buffet s'offre à moi : des livres à volonté, eux aussi condamnés, mais que l'intelligence d'une association de quartier a su ramener à la vie. Circul'Livre récupère nos vieux bouquins pour les faire circuler entre habitants du quartier.
Mes deux miches et mon Dolto gratuits sous les bras, je rentre à la maison mi-figue, mi-raisin... Plutôt partager les livres que les jeter, plutôt jeter le pain que le partager. A quand l'intelligence de l'économie ?

Profiteurs

C'est décidé, cette année je vais donner un peu à ceux qui en ont besoin. Mais voilà, je suis un peu gênée... Je connais des gens qui ont des salaires décents, et qui sont en plus investis dans des associations (ils ont donc sans doute à cœur d'aider leur prochain à lutter contre les injustices de ce monde), et qui, pour "mettre du beurre dans leurs épinards", revendent plus cher sur Internet ce qu'ils achètent chez Emmaüs ! Après mûre réflexion, je crois que je ne suis pas gênée, je suis révoltée ! C'est là que j'ai un problème : à qui va profiter mon don ? Ils savent, eux, que certains n'ont même pas de quoi s'acheter des épinards ?

60 ans après, encore l'injustice, l'inégalité et l'impunité...

1948 - 2008,  la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme a 60 ans :

Six décennies plus tard, pour des millions de personnes, les promesses contenues dans les 30 articles de la Déclaration Universelle n'ont toujours pas été tenues. Ainsi, selon le Rapport 2008 d'Amnesty International :

  • Des cas de torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants ont été recensés dans plus de 80 pays 
  • Au moins 23 pays appliquent des lois discriminatoires à l'égard des femmes, 15, des lois discriminatoires à l'égard des migrants et au moins 14, des lois discriminatoires à l'égard des minorités ;
  • 54 pays sont encore le théâtre de procès inéquitables ;
  • Au moins 45 pays tolèrent l'emprisonnement de prisonniers d'opinion ;
  • 77 pays soumettent la liberté d'expression et la liberté de la presse à des restrictions.
Autant de chiffres qui sont la preuve qu'il nous reste beaucoup de travail et que notre combat doit continuer.

Des quatre coins de France contre Mittal

Les sidérurgistes CGT se sont donnés rendez-vous mercredi 10 décembre devant le siège d'ArcelorMittal France à Saint-Denis pour protester contre les mesures de chômage et les arrêts d'installations. Une délégation de salariés et de militants CGT de Gandrange et Florange sera présente. Des sidérurgistes de l'Est, du Nord, du Sud et du centre de la France, convergeront vers Paris. Ils entendent dénoncer les mesures anti-sociales prises par Mittal en rappelant les énormes bénéfices qu'il a empochés ainsi que la masse de dividendes distribués généreusement aux actionnaires qui profitent tous de la crise sur le dos des sidérurgistes !

Ceux qui nous pompent !

Aujourd'hui 50 dollars et peut-être encore moins dans les prochaines semaines. Le prix du baril de pétrole s'est effondré. En juillet dernier, après plusieurs mois d'une inflation galopante, il avait atteint le record historique de 150 dollars. Ce niveau était, aux dires des industriels et du gouvernement, le seul responsable de la hausse toute aussi vertigineuse du prix des carburants à la pompe, et du gaz.
Curieusement, la décrue des cours du pétrole n'a pas entraîné une baisse dans la même proportion des prix du super et du gazole. Quant au gaz, non seulement il ne baisse pas, mais les industriels du secteur veulent une nouvelle augmentation !

Ça ne gaze pas !

L'Etat et les pétroliers pompent le pouvoir d'achat

Alors que le prix du baril de pétrole a été divisé par trois depuis le pic de juillet dernier, le prix des carburants n'a baissé que d'environ 20 %. Les pétroliers ont-ils bien répercuté la baisse du prix du brut ? Oui, répond sans hésitation la ministre de l'Economie et des Finances.
Ces compagnies dégagent des bénéfices colossaux. Ainsi, au troisième trimestre, Total a engrangé 4 milliards d'euros.

Si ça va pour les pétroliers, ça gaze aussi pour les actionnaires de GDF

Entre 45,37 % et 68,52 %. C'est la fourchette dans laquelle a augmenté le prix du gaz, selon son utilisation, depuis 2005. Selon Gaz de France et le gouvernement, cette hausse est due à celle du prix du baril de pétrole sur lequel sont indexés les prix du gaz. L'Etat et l'entreprise se seraient contentés de répercuter la flambée du prix de l'or noir. Et insuffisamment, à en croire le PDG de GDF-Suez, qui réclame une nouvelle hausse, arguant d'un manque à gagner de plus d'un milliards d'euros.
La CGT énergie, qui revendique une baisse des tarifs réglementés au nom de la baisse des prix du brut, soutient que l'inflation tarifaire de ces dernières années nourrit surtout les dividendes des actionnaires de GDF-Suez. En 2007, pour la troisième année consécutive, le résultat brut d'exploitation progressait de plus de 10 %, alors que le résultat net atteignait 2,5 milliards d'euros. Malgré la "faiblesse" des tarifs réglementés, l'excédent brut de l'activité d'achat et de vente d'énergie a doublé, pour atteindre 1,075 milliard d'euros.

Stress au travail : un bon accord

Les cinq organisations syndicales (CGT, CFDT, FO et CFE-CGC) et les trois patronales (Medef, CGPME et UPA) ont signé le texte de l'accord sur le stress au travail finalisé le 2 juillet. Cet accord, qui transcrit en droit français un accord-cadre européen de 2004, vise à "augmenter la prise de conscience et la compréhension du stress au travail, par les employeurs. Les salariés et leurs représentants" et "attirer leur attention sur les signes susceptibles d'indiquer des problèmes de stress au travail". Le texte stipule notamment que, "dès qu'un problème de stress au travail est identifié, une action doit être entreprise pour le prévenir, l'éliminer ou à défaut le réduire". Il prévoit également que les partenaires sociaux ouvrent, dans les 12 mois qui suivent la signature de l'accord, une nouvelle négociation sur la question du harcèlement et de la violence au travail. 
Ces deux sujets, qui ne sont pas inclus dans le présent accord, font l'objet d'un accord-cadre européen, que les partenaires sociaux doivent transcrire également en droit français. Le texte ne prévoit pas une déclinaison obligatoire dans les branches professionnelles, mais précise que "des accords de branches ou d'entreprises ne peuvent déroger aux dispositions du présent accord que dans un sens plus favorable aux travailleurs".

lundi 8 décembre 2008

Progrès en voix, en pourcentage et en sièges

La CGT progresse en voix et en pourcentage aux élections prud'homales du 3 décembre 2008. Sur 90 % des votants, la CGT recueille plus de 1,7 million de voix.
C'est un message clair des salariés en direction des pouvoirs publics et du patronat pour que leurs droits soient respectés et leur situation améliorée, dans un moment où tout est fait pour leur faire payer la crise.
C'est la première fois depuis trente ans que la CGT enregistre un tel progrès qui se traduit dans toutes les sections et dans la quasi-totalité des départements. Avec 34,4 % des voix, la CGT atteint son meilleur score depuis vingt ans dans des élections prud'homales.
C'est d'autant plus significatif que la participation au scrutin connaît une nouvelle baisse, dont la responsabilité incombe très largement à des conditions particulièrement déplorables d'organisation du scrutin.
La CGT n'accepte pas la désinvolture avec laquelle cette élection, unique en son genre, a été organisée, pas plus que l'absence d'expression dans les médias, témoignant d'une crainte du résultat que pourrait donner une forte mobilisation des électrices et électeurs.
Ce résultat place la CGT très largement en tête de toutes les organisations syndicales. Cela lui confère des responsabilités importantes pour construire une démarche syndicale soucieuse du rassemblement et de l'unité d'action.
La CGT entend plus jamais aller à la rencontre des salariés et construire avec eux et avec elles le syndicalisme conquérant, offensif, rassembleur et démocratique qu'ils viennent d'encourager.

Les patrons repartent en guerre

A moins de deux mois de l'ouverture des négociations cruciales, portant sur les régimes complémentaires obligatoires des salariés du privé (ARRCO et, pour les cadres, AGIRC), le patronat vient d'afficher clairement ses intentions. Les pourparlers ont pour but d'assurer l'équilibre à long terme de l'ARRCO et de l'AGIRC.
Aujourd'hui encore excédentaires, ces deux régimes seront confrontés, dans les prochaines années, à un problème de financement, du fait de la montée en puissance du nombre de pensionnés.
Le Medef affirme déjà haut et fort qu'il est hors de question d'augmenter les cotisations. Ne resteraient alors plus que deux options : réduire le rendement des régimes (qui a déjà été sensiblement diminué, sous la pression patronale, lors de précédentes négociations) ou reculer l'âge. Le Medef veut maintenant passer à la seconde. "Il faut dédramatiser les 60 ans" réclame-t-il.

La remise en question des 60 ans

Concrètement, le Medef se prépare à remettre en question le dispositif particulier, baptisé AGFF, qui permet de financer le droit à la complémentaire à partir de l'âge de 60 ans et jusqu'à 65 ans. Il faut rappeler en effet que le patronat n'a jamais accepté que l'âge légal du départ soit fixé à 60 ans. S'il n'a pu empêcher la mise en œuvre de cette réforme, en 1981, pour le régime général, dont le sort est fixé par le pouvoir législatif, il a réussi à empêcher son application pour l'ARRCO et l'AGIRC, qui sont, eux, gérés paritairement par syndicats et patronats. Pour la complémentaire, l'âge de départ reste donc établi à 65 ans. Tout juste, le patronat a-t-il consenti à mettre en place l'AGFF, un accord temporaire (l'actuel vient à expiration en mars 2009), prévoyant une cotisation spécifique, remise en cause à chaque séance.
"On aura une négociation difficile. On peut très bien ne pas maintenir l'AGIFF" proclame ainsi le négociateur en chef du Medef. Or, si l'AGFF disparaissait purement et simplement, les assurés partant en retraite avant 65 ans subiraient une décote allant jusqu'à 22 % sur leur pension complémentaire. Pour parvenir à ses fins, le patronat, qui juge "raté" le rendez-vous de 2008 sur les retraites, met la pression sur le gouvernement pour qu'il s'engage en faveur d'une "remise à plat de l'ensemble du système de retraites", à l'horizon 2010. Comprendre : qu'il se décide enfin à faire sauter le "verrou" des 60 ans.

Une de plus, de pas tenue !

Comme pour Gandrange, Nicolas Sarkozy n'aura pas tenu sa promesse pour ses "sans-toit". C'était il y a deux ans :

"Je veux, si je suis élu président de la République que, d'ici à deux ans, plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid, parce que le droit à l'hébergement, c'est une obligation humaine. Si on n'est plus choqué quand quelqu'un n'a pas un toit et qu'il fait froid, et qu'il est obligé de dormir dehors, c'est tout l'équilibre de la société où vous voulez que vos enfants vivent en paix qui s'en trouvera remis en cause".

Victoire pour la CGT

Quand il y a de bonnes nouvelles, ne faisons pas la fine bouche.
La CGT a remporté la première manche de la bataille juridique qui l'oppose depuis plusieurs mois à la direction de Goodyear Tires France. Le tribunal de Nanterre a en effet jugé que les procédures légales du plan social, décidé en juillet après l'échec des négociations sur la mise en place des 4 x 8 dans l'entreprise, n'avaient pas été respectées. Le plan prévoyait notamment la suppression d'ici à la fin de l'année, 402 postes sur le site d'Amiens-Nord (ex. Goodyear).
Ce jugement oblige la direction à renégocier un second plan social.
La CGT promet d'autres batailles juridiques.

Discriminations : la Halde engrange le succès

La Halde se félicite de plusieurs récentes décisions de justice condamnant des employeurs pour discriminations suite à ses observations ou son intervention. Trois semaines après la condamnation par le tribunal correctionnel de Paris d'une boulangère pour discrimination raciale à l'embauche, le conseil de prud'hommes de Nanterre vient de condamner une société à verser à une salariée 13 800 € d'indemnités pour licenciement sans cause réelle et sérieuse et 9 200 € de dommages et intérêts pour discrimination fondée sur la situation de famille (absence de promotion liée à des congés parentaux). La troisième condamnation (15 060 € de dommages et intérêts) a été prononcée par le conseil de prud'hommes des Sables-d'Olonne le 12 novembre à l'encontre d'une société coupable de discrimination liée à l'état de grossesse. La Halde indique par ailleurs que depuis sa création, elle a reçu plus de 150 réclamations liées à la grossesse dont une centaine en 2008. Selon les plaintes reçues, les femmes enceintes discriminées ont été confrontées à différentes situations : licenciement, non-renouvellement de CDD, rupture de période d'essai, ou, cas très fréquent, retour de congé de maternité "très difficile" avec perte de responsabilités, voire suppression des primes associées. 

Décalage

Projet de loi pour entrer plus tard à la maternelle : avec l'âge de la retraite qui avance, c'est normal qu'on décale tout !

jeudi 4 décembre 2008

L'église au milieu du village

En proposant de porter l'indemnisation du chômage partiel à 80 % de la rémunération nette au lieu de 60 %, le groupe ArcelorMittal laisse à penser qu'il est généreux.
Il faut savoir que dans cette indemnisation l'Etat intervient à hauteur de 50 %. Donc, c'est le contribuable salarié qui se paie en très grande partie les conséquences des décisions de Mr Mittal
Rappelons tout de même qu'avec 8 millions de bénéfice net sur 9 mois, des stocks-options et des dividendes versés à la pelle, Mittal peut indemniser le chômage à 100 %. De plus, il ne faut pas perdre de vue qu'aujourd'hui on parle d'un surplus de stocks, alors que dans le cadre de la loi TEPA, on a recouru aux heures supplémentaires comme jamais. Le fameux "travailler plus pour gagner plus" du président Sarkozy se traduit maintenant par chômage, arrêts de production et gagner moins !
De la même façon, il est fort de café de s'étonner que la demande par la consommation ne reparte pas. Tout a été fait, partout et chez Mittal en particulier, pour limiter les augmentations générales de salaire à 1 %, soit 2 à 3 % de moins que l'inflation.
Bas salaire et heures sup : deux maux dont on peut mesurer les effets aujoud'hui.

Acierix en a ras-le-bol du cinéma !

J'ai appris, sans que cela ne soit confirmé, que Ségolène Royal reviendrait à Gandrange, puis à Florange et rencontrerait les syndicats.
A quel titre, on se le demande ? Et surtout pour faire quoi ? Rien, mais faire du cinéma face aux médias comme d'habitude !
J'en ai ras-le-bol de ces visites pour se faire mousser. Ça ne sert strictement à rien. En plus, ça me tape sur les nerfs.
A bon entendeur, salut !

75 % et 34 %

La CGT redoutait une forte abstention aux élections prud'homales. Elle a eu lieu ! Près de 75 % des inscrits ont boudé l'élection. C'est pire que les précédents suffrages. Faut dire que tout a été fait côté gouvernement, côté patronat et côté médias pour faire le moins de publicité possible sur ce rendez-vous important.
Remarquons tout de même que quand les élections se déroulent sur le lieu de travail, le taux de participation atteint 50 % et plus.
Ceci étant dit, une grande satisfaction est ressortie des résultats. La CGT progresse et arrive largement en tête avec 34 % devant la CFDT 22 % et FO 16 %. Les petits syndicats, de plus en plus nombreux, suivent.

Pan, sur le bec !

En donnant plus de poids à la CGT, les salariés ont voulu choisir plus de conseillers prud'homaux CGT mais aussi adresser un message fort au gouvernement et au patronat : halte à votre politique sociale désastreuse. Voilà ce qu'ils ont dit en votant CGT. Les travailleurs souffrent beaucoup de la crise et de tous ces mauvais coups que ne cessent de leur adresser les patrons et Nicolas Sarkozy.
En plaçant la CGT en tête de ces élections, les salariés veulent une CGT combative.
La CGT ne les décevra pas.

Le 10 décembre à Paris contre Mittal

La multiplication des arrêts de production, le gel des salaires et des investissements, la perspective du chômage partiel et maintenant l'annonce de 9 000 suppressions d'emplois dans le groupe ArcelorMittal appellent une réponse forte de la part des sidérurgistes. C'est le sens de l'appel lancé par la CGT pour une manifestation à Paris le 10 décembre prochain pour aller protester contre la politique de Mittal. Des bus sont mis à la disposition des salariés de Florange et de Gandrange.

SUS au travail du dimanche !

La CGT vient de déposer plusieurs milliers de pétitions contre le travail du dimanche. La CGT est opposée à cette nouvelle déréglementation qui aura des conséquences désastreuses non seulement pour les salariés du commerce et des services mais également pour l'ensemble des citoyens.
La CGT dénonce les arguments "fallacieux" et "trompeurs" avancés par le gouvernement. Selon elle, l'ouverture généralisée des commerces le dimanche ne créera ni emploi, ni augmentation, ni majoration salariale, ni croissance et cela n'améliorera ni la vie familiale ni la cohésion sociale. Comme la retraite à soixante-dix ans et les heures supplémentaires, le gouvernement parle de volontariat. Cette notion est devenue le cheval de Troie à partir duquel on attaque les droits des salariés, estime la CGT.
La CGT a adressé une lettre ouverte au président de la République appelant à un grand débat national sur le sujet. L'enjeu : sensibiliser les parlementaires à ne pas voter une loi ficelée dans l'urgence pour répondre à quelques lobbies de grandes enseignes.

Inacceptable pour la F.E.M.

La suppression de 9 000 emplois décidée par ArcelorMittal, dans le cadre d'un plan de réduction des coûts est tout à fait inacceptable déclare la Fédération Européenne des Métallurgistes.

Et de poursuivre :

"ArcelorMittal n'est pas une entreprise en crise. Pour les neuf premiers mois de 2008, les 8 milliards de profit démontrent l'excellente santé du plus gros producteur d'acier au monde. La réduction de la production durant les derniers mois est largement imputable à la décision de la direction de maintenir les prix des produits de l'acier et non pas à une réduction des marchés.
Alors que les salariés sont confrontés à une période de forte incertitude, la FEM rejette l'utilisation de la crise actuelle pour mettre en place des plans de restructuration massifs sans réelles justifications.
Pour la FEM, ArcelorMittal ne doit pas alimenter le climat d'insécurité actuelle et encourager la baisse du pouvoir d'achat dans un contexte de crise de confiance des consommateurs, alors que les syndicats tentent de trouver des solutions pour éviter une longue dépression économique.
La FEM demande à ArcelorMittal de prendre ses responsabilités vis-à-vis de ses salariés qui sont à l'origine des bénéfices importants engrangés par le groupe ArcelorMittal durant ces dernières années. La FEM rejette toute décision unilatérale de cette nature de la part de la direction.
La FEM va rapidement convoquer une réunion de coordination syndicale sur ArcelorMittal afin d'assurer une réponse coordonnée à cette annonce".

lundi 1 décembre 2008

Mittal passe à la vitesse supérieure !

C'est avec une concertation parfaite entre les patrons et le gouvernement que l'on pousse en même temps, au même moment, la même chansonnette : la crise s'aggrave, la production ralentit, les stocks augmentent, le chômage progresse, etc., etc... et de poursuivre : "pour éviter le pire, il faut améliorer l'indemnisation du chômage partiel, cela vaut mieux que des licenciements". Discours tenu par le président de la République et repris en cœur par les patrons dont Mittal qui vient d'adresser à "ses chers employés" une lettre émouvante à vous fendre le cœur et à vous inviter à faire... la révolution !

Mittal sort son mouchoir

Mittal s'adresse à "ses chères et ses chers collègues" en exprimant d'entrée que "c'est avec regret que nous vous écrivons..." en évoquant la crise qui a aujourd'hui un impact majeur sur le secteur sidérurgique".
Mittal rappelle les mesures déjà prises (arrêt de production, mise en CP et RTT forcés...) pour poursuivre en disant que ces mesures ne suffisent pas et que la décision a été prise de "lancer un plan de départs volontaires au niveau du groupe" qui concernera 9 000 suppressions d'emplois et Mittal n'hésite pas à dire "cette décision n'a pas été facile à prendre...".
Avec une fausse pudeur, Mittal poursuit "nous réalisons que cette annonce pourra apparaître dure compte tenu des bons résultats (SIC)... Cependant, nous devons malheureusement nous concentrer sur les réalités actuelles (lesquelles) bien différentes de celles que nous avons connues"
Mittal ajoute une petite couche de commisération : "cette décision ne remet pas en cause le professionnalisme et le dévouement de nos collaborateurs" et sans une larme, Mittal conclut : "... nous sommes vraiment navrés à l'idée de perdre certains de nos salariés", "... nous demandons la compréhension et la patience de chacun...".

La réponse du berger à la bergère

Il y a la crise dont les causes sont à chercher parmi les grands spéculateurs et les grands capitalistes dont Mittal figurent parmi les plus puissants. Ceci étant dit, il faut savoir que l'impact de cette crise sera seulement de l'ordre de 5 % de baisse de production pour la sidérurgie en 2009. Alors pourquoi une telle régression, une telle récession et un tel dégraissage  ?
Pour la CGT, Mittal profite de la crise pour se restructurer, se redéployer, accélérer ses synergies et réduire fortement ses frais de gestion. Mais avec en tête de maintenir un même niveau de prix de vente et un même niveau de dividendes (voire plus) à la sortie de la crise, d'où la réduction des stocks et la baisse de production. Autrement dit, Mittal reste un groupe dominant et compte le rester longtemps.
Il est particulièrement révoltant de constater que ces mesures de récession sont prises au moment même où Mittal affiche un bénéfice net de 8 milliards d'euros pour les neuf premiers mois de l'année, c'est un bénéfice net supérieur de 500 millions d'euros à celui de 2007 !
Il faut bien avoir aussi à l'esprit que la demande d'acier, même en connaissant un ralentissement conjoncturel, connaîtra une croissance continue pour les deux prochaines décennies. La règle capitaliste est immuable pour, en temps de crise et de non-crise, faire payer la note au monde du travail.

Mittal tente une opération camouflage

Pour répondre à la baisse de la demande commerciale, Mittal a choisi pour 2008 la prise de CP, la prise de RTT, l'utilisation du compteur temps et de fournir quelques occupations au salariés... Voyant la crise se poursuivre en 2009, Mittal met déjà en condition les sidérurgistes en indiquant que les mesures appliquées en 2008 ne suffiront pas en 2009 et d'invoquer le recours au chômage partiel. Pour faire bonne figure et devancer la critique, Mittal promet que le chômage partiel sera indemnisé totalement à 70 % du salaire brut contre 50 % actuellement. C'est le moins qu'il puisse faire ! Quoiqu'il en soit, les sidérurgistes ne sont pas à l'abri de mesures plus sévères encore à moins que, collectivement, ils réagissent en exigeant que ce soit Mittal, ses dirigeants et ses actionnaires qui paient la note et cessent de s'engraisser sur leur dos.

Intérimaires : la Direction recule

A force d'interventions de la CGT auprès de la Direction de Gandrange concernant le sort injuste fait aux intérimaires, celle-ci a enfin reculé. La Direction a décidé de maintenir ces salariés précaires jusqu'au 19 décembre avec l'engagement de reconduire certains contrats au mois de janvier 2009.

Un petit plus

Bien consciente d'un pouvoir d'achat qui souffre, la Direction s'est voulue généreuse en décidant de prendre en compte la totalité de l'augmentation de la restauration jusqu'à fin 2009. Un petit pas dans ce contexte de mauvais coups.

Un verre : bonjour les dégâts

Chez Mittal, on peut trinquer mais surtout ne pas boire, même aux grandes occasions. Il est de tradition centenaire dans la sidérurgie, de fêter les départs en retraite. Mais voilà, le temps des pots est fini. Il ne s'agit pas d'encourager la consommation d'alcool, mais seulement de tolérer qu'un événement comme un départ à la retraite soit fêter entre collègues. Les faits qui suivent se sont déroulés dans une usine du groupe ArcelorMittal à Gueugnon :

"Des salariés viennent d'être sanctionnés par 3 jours de mise à pied pour avoir tenté d'arroser un départ en retraite. Les faits se sont produits en fin de poste. Quatre dangereux individus ont été interpellés dans leur vestiaire par un courageux responsable dont nous tairons le nom.
Les quatre individus ont été surpris face à une bouteille dont nous tairons la marque et dont le contenu reste un mystère ! En effet, notre courageux responsable, après avoir neutralisé les malfrats, a réussi à s'emparer de l'objet du délit, laissant les dangereux individus sans voix. Il faut dire que cet acte d'une bravoure hors norme a littéralement paralysé d'admiration les contrevenants. Depuis, la bouteille a disparu. Que contenait-elle ? Qu'est-elle devenue ?
Cela restera un grand mystère presque aussi grand que celui des camions remplis d'inox qui partaient de l'usine sans être payés... Après plusieurs années d'enquête, d'audit, aucun coupable. Pas le début du démantèlement d'un réseau, rien, nada, peau de balle... Nous attendrons aussi le dénouement de l'affaire des produits toxiques de Dunkerque avec intérêt...
Mais heureusement, tout le monde ne passe pas à travers les mailles du filet. Alors méfiance, ce n'est pas parce qu'on ne retrouve pas la trace d'un camion rempli d'inox qu'on n'est pas capable de vous virer pour un arrosage de retraite, un rouleau de scotch ou un morceau de tôle...
Vous avez dit deux poids, deux mesures... Mais non, mais non ! Voyons, il s'agit simplement d'appliquer le règlement intérieur...
Et bien, la CGT, consciente que notre valeureux héros du mois a sans doute besoin d'aide face à tous ces individus qui ne respectent rien, qui bafouent le règlement, qui s'en foutent même comme de leur première "bibine".
Et bien OUI, la CGT va aider notre courageux "petit chef" à faire respecter le droit "stricto sensu", dans toute sa splendeur : du Code du travail, du respect des consignes, on va en bouffer dans ce secteur, à en vomir sans un seul gramme d'alcool dans le sang...
Il faudra, dans un premier temps, que notre chevalier blanc du règlement intérieur s'explique sur une pratique complètement illégale qui consiste à pointer un salarié en formation plusieurs semaines de suite sans qu'aucune formation ne lui ait été dispensée. Cela, apparemment dans l'objectif de recruter un intérimaire sur un motif futile !
Comme on dit au Gabon : Quand on avale une noix de coco, il faut faire confiance à son anus..."

jeudi 27 novembre 2008

Bug contre la CGT

La CGT vient d'interpeller la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), affirmant qu'un problème informatique empêchait certains internautes de voter en faveur du syndicat dans le cadre du vote électronique expérimenté pour 1,3 million d'électeurs parisiens. "Les utilisateurs d'un navigateur Internet courant appelé Firefox sont dans l'impossibilité d'accéder à la case du bulletin de vote leur permettant de voter pour la liste CGT", a déploré le Secrétaire général de la CGT. Bernard Thibault demande une intervention de la CNIL "pour faire cesser immédiatement une grave discrimination à l'égard de ses listes".

Blog censuré !

Un blog humoriste, www.sortirdelacrise.tv, vient d'être censuré par Google. Il visait à dénoncer les propositions gouvernementales et celles de l'UMP présentées comme des solutions à la crise, entre autres le travail jusqu'à 70 ans ou encore le travail du dimanche. Une vive protestation s'est élevée contre cette censure pour demander le rétablissement immédiat du service, coupé sans explication.

Mobilisation massive en préparation

Alors que les coups pleuvent de toutes parts sur le monde du travail, les syndicats confirment leur volonté de passer ensemble à l'offensive. les huit principales centrales (CFDT, CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA), qui s'étaient rencontrées une première fois le 5 novembre, ont acté, lors d'une nouvelle réunion, "le principe d'une mobilisation massive des salariés au début de l'année 2009". Faisant le constat d'une accentuation des problèmes liés au pouvoir d'achat et à l'emploi, les syndicats estiment que les salariés, les retraités, les demandeurs d'emploi sont les premiers à payer une crise dont ils ne sont pas responsables.

Rappelant leurs responsabilités aux employeurs et à l'Etat, les huit organisations ont donc décidé de préparer une mobilisation "pour faire aboutir leurs revendications sur l'emploi, le pouvoir d'achat, les garanties collectives, les protections sociales, les conditions d'une relance économique...". Elles sont convenues de se réunir à nouveau les 15 décembre et 5 janvier pour en préciser le contenu et arrêter les modalités. Même si la CGT reste convaincue qu'on pouvait faire mieux et plus vite, elle avait plaidé, en vain, pour une action commune dès le mois de novembre. Elle juge positif que les syndicats affichent une volonté de défendre des propositions alternatives à la politique des pouvoirs publics et des organisations patronales. Cette démarche qui rassemble la totalité des centrales est inédite et peut contribuer à faire reculer le sentiment d'impuissance face à la crise.

Devinette

La France a toujours eu de visionnaires. Certains écrivains ont fait des descriptions... contemporaines. En voilà une tout à fait d'actualité ;:

"Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois, un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! Cette roue tourne à vide. L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère, est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la bave, la nie, l'insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé".

Texte de Victor Hugo, dans "Napoléon, le petit (réédité chez actes Sud)

Le 1 % logement ponctionné !

L'aide au logement destinée aux salariés va encore diminuer sous l'effet des ponctions décidées par le gouvernement.

Depuis trente ans, l'Etat n'a eu de cesse de se désengager des politiques de logement. Pourtant, chaque année, le même constat alarmant est tiré : le poids du budget logement pèse de plus en plus lourd pour les ménages, le marché ne répondant plus à la réalité sociale de la demande... Cette année encore, le budget de l'Etat a été revu de 6,2 % à la baisse. Christine Boutin a prévu de puiser dans les ressources du 1 % logement pour financer la politique du gouvernement. Le 1 %, géré paritairement par le patronat et les syndicats, est alimenté grâce à une participation obligatoire des entreprises de plus de 20 salariés et sert à financer la construction de logements sociaux et l'accession à la propriété des salariés. "Cette ressource, c'est de l'argent privé, elle est issue des richesses créées dans l'entreprise par les salariés. Il est anormal que les salariés, alors qu'ils financent de plus en plus le logement social, y aient de moins en moins accès" Christine Boutin a décidé de ponctionner ce dispositif à hauteur de 850 millions d'euros par an sur la période 2009-2011.
C'EST UN SCANDALE DE PLUS !

Mittal cogne dans les produits longs

Mittal a décidé de se préserver lui-même ainsi que ses actionnaires chéris et de faire payer au prix fort la crise à "ses chers employés". Toutes les entreprises d'ArcerlorMittal situées en Europe trinquent dans les produits longs et dans les produits plats. Dans les produits longs, aux arrêts de production comme sur le site de Gandrange s'ajoutent :

Pour le Luxembourg : Belval avec une réduction de production de 40 000 tonnes
Differdange avec une réduction de production de 60 000 tonnes
Rodange avec une réduction de production de 20 000 tonnes

Pour l'Allemagne : Hombourg avec une réduction de production de 35 000 tonnes
Duisbourg avec une réduction de production de 40 000 tonnes

Pour l'Espagne : Madrid avec une réduction de production de 72 000 tonnes
Bergara avec une réduction de production de 80 000 tonnes
Olaberria avec une réduction de production de 130 000 tonnes
Zaragoza avec une réduction de production de 60 000 tonnes

Sur les deux pieds : c'est quand ?

J'avais quelques mois quand l'homme a posé la première fois le pied sur la Lune. Aujourd'hui, j'ai 40 ans et le premier Noir a enfin mis le sien à la Maison Blanche. Ouf, on avance lentement et à cloche-pied, mais on avance. A ce rythme, j'en aurai 80 quand la première femme en posera un au Vatican, et 120 ans quand l'humanité réapprendra à se servir de ses deux pieds, cessant ainsi d'émettre du CO2 dans l'atmosphère.

mercredi 26 novembre 2008

3 décembre : faites-vous entendre !

Le 3 décembre au soir on comptera, on commentera, on conclura... les résultats des élections prud'homales. Si la participation a progressé, si la CGT a progressé, les commentaires seront brefs mais le pouvoir et le patronat sauront ce que ce vote signifiera : protestations, révolte et revendications sociales.
Si c'est l'inverse alors, pouvoir et patronat poursuivront la destruction des acquis sociaux et l'austérité.
VOTEZ CGT le 3 décembre, ça pèsera lourd.

16 décembre : Euromanifestation

Ce jour du 16 décembre 2008, le Parlement européen débattra de la directive du temps de travail. La Confédération Européenne des Syndicats (CES), organise une manifestation à Strasbourg où 10 000 syndicalistes européens sont attendus dont 1 000 syndicalistes de la CGT.
Cette manifestation sera la première étape d'autres manifestations qui auront lieu en 2009 dans le cadre d'une campagne plus vaste, avec comme mot d'ordre "Combattre la crise : priorité à l'emploi, aux salaires et aux droits des travailleurs".

65 heures par semaine !!

Dans toute l'Europe, le néolibéralisme profite de la crise pour écraser les acquis sociaux.
La régression sociale s'enracine partout. En France, c'est la fin des 35 heures, la fin de la retraite à 60 ans, la fin du repos le dimanche, etc... On porte l'âge de la retraite à 70 ans.
Maintenant, on veut porter la durée du travail hebdomadaire à 65 heures.
L'Europe devient synonyme de régression sociale absolue.

La banalisation

La durée maximale hebdomadaire de travail a été fixée à 48 heures par la directive de 1993, assortie d'un dispositif dérogatoire autorisant les employeurs à faire travailler le salarié au-delà de la durée maximale de 48 heures hebdomadaires en vigueur dans l'Union Européenne, sous réserve qu'il "en soit d'accord". Cependant, le texte même de la directive prévoyait un réexamen de cette disposition, essentiellement appliquée au Royaume Uni, d'ici fin 2003 au plus tard.
Mais, loin d'envisager la suppression de cette dérogation, la proposition soumise aujourd'hui au Parlement prévoit au contraire sa pérennisation sous prétexte qu'elle serait mieux "encadrée" avec notamment un maxima de 65 heures par semaine ! Un tel recul social est bien sûr totalement inacceptable car le caractère permanent de cette dérogation sera une incitation directe au dumping social et à la banalisation des longues heures de travail.

Une nouvelle définition

La proposition de directive modifie la définition du temps de travail en introduisant la notion de "temps de garde" et surtout de "période inactive du temps de garde", cette dernière catégorie n'étant plus considérée comme du temps de travail, même si le travailleur doit être disponible sur le lieu de travail. Les travailleurs du secteur médical, les pompiers seront par exemple directement concernés par cette modification qui vise à revenir sur plusieurs jugements successifs de la Cour Européenne de Justice favorables aux salariés.

La modulation

La directive actuelle autorise le calcul de la durée maximale du travail sur 4 mois. Il est proposé de faire passer la durée de cette période de référence à 12 mois, ce qui rendrait impossible des semaines de 78 heures en période haute de modulation, selon la CES.
Le repos compensateur sera pris "dans un délai raisonnable" et non plus immédiatement après le fait qui l'a généré comme c'est le cas actuellement.
La proposition de directive néglige d'autres points plus importants : conciliation de la vie professionnelle et de la vie privée, temps de travail des cadres, etc...
La directive de 1993 avait pour objectif d'améliorer les conditions de travail dans l'Union européenne. Mais si la proposition de directive est adoptée en l'état, ce sera la première fois que la révision d'une directive se traduit par une régression de la législation européenne dans le domaine social.

Une en plus !

Mittal serre un peu plus la vis de la régression sociale. Une semaine supplémentaire d'arrêt de la production vient d'être imposée au train à billettes et au laminoir à couronnes et à barres de Gandrange, du 20 au 26 novembre. Le personnel sera occupé à divers petits travaux et le personnel intérimaire renvoyé à la maison sans la moindre considération. Cette multiplication des arrêts en  annonce d'autres mais là, les conséquences seront plus fâcheuses.
Les CP, les RTT et les petits travaux ne pourront plus servir de parade. Pour le moment, ce sont les travailleurs intérimaires qui font office de chair à canon. La CGT a protesté plusieurs fois auprès de la Direction pour que les intérimaires soient épargnés. Mittal reste inflexible. L'humanité ne fait pas partie de ses valeurs.

lundi 24 novembre 2008

Blogs sous surveillance

Après la création de Base-élèves qui instaurait le fichage des enfants scolarisés en les dotant d'un numéro matricule de 5 à 35 ans, voici que l'Education nationale entend discipliner l'ensemble de ses rangs. Un document officiel intitulé "Cahier des clauses particulières" (accessible sur le Net) lance, au nom du ministère de l'Education nationale via la délégation à la Communication, un appel d'offres inquiétant. Son objet "Veille de l'opinion" dans les domaines de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la recherche. Objectifs : "Identifier et analyser les thèmes et sources stratégiques ou structurant l'opinion, repérer les leaders, analyser leur potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau". Plus loin, il s'agit "d'anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise" et "d'alerter en conséquence". Les thèmes à surveiller seront fonction des échéances "parlementaires ou événementielles" du ministère de l'Education nationale et de celui de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Les "notes de veille" que le prestataire retenu devra remettre aux pouvoirs publics devraient porter particulièrement sur Internet. Ciblés, les "sites revendicatifs informatifs, participatifs, politiques, etc." qui commentent l'actualité mais aussi "les sites de syndicats et de partis, les portails thématiques ou régionaux, les sites de militants associatifs, ceux des mouvements revendicatifs ou alternatifs, les blogs et pages personnelles"... Alerte !
France, où vas-tu ?

Il faut reclasser les intérimaires

La crise économique qui s'étend éclaire d'une lumière crue le sort des travailleurs intérimaires considérés comme la variable d'ajustement. Ces travailleurs invisibles sont les victimes qui paient le plus lourd tribut à la crise capitaliste. On le voit partout, dans toutes les industries et dans toutes les entreprises.
Déjà corvéables, malléables et licenciables à merci, cela ne suffit plus aux patrons de l'intérim. Ils réclament encore plus "d'assouplissements" de la législation. Le patronat profite de la crise pour réorganiser l'emploi précaire et le réutiliser dans des conditions plus avantageuses. Il veut une employabilité immédiate de tout chômeur, une plus grande liberté de casser le contrat de mission, sans contrainte juridique et sociale, une légalisation des renouvellements des contrats successifs, une disparition du délai à respecter entre deux contrats...

La CGT propose

La CGT est en boule contre ce patronat qui veut essayer de déréguler plus encore le secteur de l'intérim alors que, déjà, celui-ci ne respecte pas ses obligations.
La CGT veut bloquer cette machine infernale. Elle réclame que "les contrats de mission des intérimaires, victimes des suppressions d'emplois, ne soient pas rompus mais rattachés à l'entreprise de travail temporaire tant que le salarié n'aura pas été reclassé avec un nouveau contrat au moins égal à son emploi précédent".

G20 : un résultat dérisoire et indécent

 La déclaration des gouvernements est une "réaffirmation de principe de néolibéralisme". Tous les dogmes de la financiarisation de l'économie mondiale qui ont conduit à la crise sont présents dans cette déclaration.

Alors que la circulation absolue des capitaux, les innovations financières, le débridement des produits dérivés sont unanimement reconnus facteurs d'instabilité permanente, le G20 veut encourager "le développement des échanges de produits et services financiers" et faire en sorte que les institutions financières puissent "traiter des volumes croissants de produits dérivés".
Se gargarisant de "régulation" à chaque page, le G20 ne prend aucune véritable mesure contre les paradis fiscaux et ne dit pas un mot du secret bancaire, auxquels pourtant beaucoup de chefs d'Etat ou de gouvernement affirmaient vouloir mettre fin. Ne craignant pas la contradiction, le G20 affirme la nécessité d'éviter la récession, tout en appelant à "maintenir un cadre politique conduisant à la soutenabilité budgétaire", c'est-à-dire un cadre de rigueur.
Faut-il s'étonner que le bilan de trente années de politiques néolibérales ne soit pas tiré ? La montée considérable des inégalités, consécutive d'une part à la forte diminution de la part de
richesse produite allant aux travailleurs et, d'autre part, à l'application de programmes d'ajustement structurel dans les pays du Sud, est totalement ignorée par le G20. Or, le programme dit "de valeur pour l'actionnaire", corollaire de la dégradation de la condition salariale, est la cause profonde de l'emballement de la finance et de sa crise.
Aujourd'hui, on peut dire que ce nouveau consensus vient donner l'apparence de la nouveauté à ce qui n'est qu'une simple copie des préceptes qui ont conduit le monde au bord du désastre. L'effacement des dettes des grandes banques n'a posé aucun problème aux partisans du capitalisme, tandis que celui de la dette des pays du Sud attend encore de devenir une priorité.

Après avoir fait la part belle aux banquier et spéculateurs fauteurs de crise, les principaux gouvernements présents dans le G20 viennent de réaffirmer leur foi aveugle dans les bienfaits du marché roi et dans les vertus de la recherche de la rentabilité à tout prix. Le prix à payer sera celui de l'impossibilité de réduire la pauvreté et les inégalités et celui de l'impossibilité de mettre les sociétés sur une trajectoire de développement respectueux de l'environnement.

Crise financière : l'Europe syndicale appelle à repenser le système

Dans une lettre ouverte aux ministres des Finances du G7, les secrétaires généraux de la Confédération syndicale internationale (CSI), de la Confédération européenne des syndicats (CES) et de la Commission syndicale consultative auprès de l'OCDE (TUAC) réclament le lancement d'un plan de sauvetage de grande ampleur afin d'écarter les risques d'un naufrage de l'économie mondiale.

La CES, par la voix de John Monks, a déclaré : "Le capitalisme casino a échoué et la politique doit emprunter d'autres voies". Au titre des réponses politiques attendues : "La création d'un fonds européen de recapitalisation" et "la re-régulation complète des marchés financiers pour qu'ils fonctionnent dans l'intérêt du bien public" ; la "création d'un fonds européen d'investissement" notamment destiné à soutenir les énergies renouvelables, la recherche et l'innovation et développer les réseaux d'infrastructure et le placement de la Banque centrale sous la surveillance d'un conseil incluant les partenaires sociaux pour faire cesser sa croisade contre l'augmentation des salaires. Une analyse qui rejoint celle de la CGT pour qui, la version nationale du plan "ne traite pas des vrais problèmes économiques et sociaux" et particulièrement de "'la profonde récession".

A propos du traité européen...

John Monks, Secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats, a déclaré :

"L'intégration d'un protocole social, confirmant que le marché unique est au service du progrès social, serait une réponse appropriée aux inquiétudes croissantes des citoyens européens".

Nouvelle ponction dans l'assurance-chômage

Pour le gouvernement, tout est bon pour abaisser le coût du travail. Dernière trouvaille en date : la proposition du ministre du Travail, Xavier Bertrand, de supprimer la cotisation de chômage pour les retraités qui reprennent un emploi. Argument du ministre : le salarié dans cette situation ne risque pas de se retrouver au chômage puisqu'il est déjà à la retraite.
En réalité, cette mesure serait loin d'être indolore pour l'assurance-chômage, dont elle diminuerait les recettes. Ce manque à gagner s'ajouterait à la baisse des cotisations de chômage de 0,3 % demandée par le Medef dans le cadre de la négociation Unedic pour compenser la hausse des cotisations de retraite de 1 % sur trois ans décidée par le gouvernement.

Amiante : un mauvais coup de plus

La Fédération des Accidents du Travail crie à la "provocation" à propos de la suppression de la contribution des entreprises au fonds finançant les préretraites amiante, mesure inscrite dans le plan de financement de la Sécurité sociale. La suppression pure et simple de cette contribution reporte la charge sur la branche Accidents du Travail, Maladies Professionnelles. Cette mesure exonère les entreprises responsables pour renvoyer le poids sur l'ensemble des entreprises, c'est un très mauvais message concernant la prévention.

jeudi 20 novembre 2008

Le 3 décembre vous voterez

Vous serez appelés à choisir vos conseillers prud'hommes le 3 décembre prochain.
Voter CGT, c'est agir pour la justice au travail et pour vos revendications.

Mais qui sont-ils ?

Les conseillers Prud'hommes CGT sont des juges de travail bien différents. Ils sont aussi des salariés comme vous ! Ils militent à la CGT depuis de très nombreuses années.
Mais à la CGT, on ne devient pas conseiller Prud'hommes par hasard, ou à l'occasion d'une élection : celles et ceux qui se présentent aujourd'hui devant vous, ont tous déjà acquis préalablement à cette nouvelle fonction, une solide expérience de la défense des salariés par le droit du travail.
Expérience de défense collective acquise dans leur entreprise, en assurant les fonction de Délégués du Personnel, membres des CE ou des CHSCT, mais aussi individuelles, par l'exercice du mandat syndical ou de permanent juridique dans les unions locales CGT.
Tous ont participé à de nombreuses formations juridiques faites par la CGT, pendant lesquelles ils ont étudié la législation du travail et les conflits qui en découlent, les préparant ainsi à occuper sereinement, mais sérieusement, cette nouvelle responsabilité.
Aujourd'hui, comme hier, la CGT entend, face à la brutalité et à la précarité sans cesse croissante du monde du travail, préparer et accompagner du mieux qu'elle peut ses militants, afin qu'ils exercent cette fonction avec compétence, humanité et justesse.

Vous ne serez plus seul

20 millions de salariés français dont 37 000 mosellans sont appelés à voter aux élections prud'homales le 3 décembre prochain. Il s'agit, en Moselle, de pourvoir 142 sièges pour le collège salariés répartis sur trois conseils de prud'hommes.

Qui et quoi ?

Le conseil de prud'hommes est le seul tribunal compétent pour régler les litiges individuels relatifs à un contrat de travail.

- 13 % des salariés ont déjà saisi les prud'hommes
- 23 % des patrons ont fait de même
- 50 % des affaires concernent la rupture du contrat de travail
- 40 % concernent les rémunérations (heures sup, primes, salaires non versés, discriminations,       reconnaissance des diplômes, etc...
- 70 % des Français font davantage confiance aux conseils de prud'hommes plutôt qu'aux                    professionnels de la justice
- 200 000 affaires sont traitées chaque année par les conseils de prud'hommes.

"G20" une gigantesque escroquerie mondiale !

Comme il fallait s'y attendre, la réunion des chefs d'Etats et des gouvernements des 20 plus grands pays n'avait qu'un seul souci : sauver le capitalisme financier qui nous a conduit au bord du gouffre.
Aucune mesure mondiale n'a été prise comme par exemple des mesures immédiates :
- la fermeture des paradis fiscaux et judiciaires
- l'imposition des revenus du capital
- la nationalisation de l'ensemble du secteur bancaire, etc...
Rien n'a changé.

C'est bon de le savoir !

Voici quelques extraits, très officiels, tirés du rapport de l'agence française des investissements internationaux, un établissement public :

  • "Les coûts salariaux en France se trouvent dans la moyenne basse des pays européens". "Contrairement aux idées reçues, la France est relativement bien placée pour le coût du travail, notamment par rapport à ses concurrents directs, l'Allemagne et le Royaume-Uni"
  • "Le coût global du travail dans l'industrie en France est l'un des plus faibles des pays de l'Europe des 15. Il est quasiment équivalent au coût du travail aux Etats-Unis".
  • "La capitale française se classe au 2e rang mondial pour l'accueil des sièges sociaux d'entreprises avec 27 entreprises du Fortune Global 500, devant New York, Londres et Pékin".
  • "Les Français affichent des performances exceptionnelles en termes de productivité, avec une performance supérieure de 20 % à la moyenne européenne".
  • "Les Français ont une durée effective de travail par semaine supérieure à... celle des Etats-Unis, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Irlande, la Belgique, les Pays-Bas, les Pays scandinaves. La durée effective du travail hebdomadaire est de 38 heures en France, soit une heure de plus qu'en Grande-Bretagne et 2h30 de plus qu'en Allemagne, et un niveau supérieur à la moyenne des 27 pays membres de l'Union Européenne".
  • "Si les Français sont si productifs, c'est qu'ils sont très bien formés : 7 % du PIB de la France sont consacrés à l'éducation et à la formation".
  • "Le nombre de jours de grève dans le secteur privé en France est inférieur à celui des Etats-Unis, de l'Italie ou de l'Espagne".

Salaires patronaux les plus élevés

En 2007, 77 % des PDG des plus grosses entreprises françaises ont vu leur rémunération augmenter de 40 %. Les patrons français ont bénéficier en 2007 d'une rémunération moyenne de 5,9 millions d'euros, soit 50 000 euros de plus que leurs collègues d'outre-manche ! Là encore, ce sont les stock-options qui font la différence : les patrons français reçoivent en moyenne l'équivalent de 2,7 fois leur salaire brut sous cette forme (contre 1,2 pour leurs collègues européens).
Les stock-options, celles-là mêmes que la droite n'a pas voulu taxer le 30 octobre de peur d'effrayer les pauvres chefs d'entreprise sous payés !

135 ans plus tard, y'en a qui n'ont pas encore compris !

"La grande masse du peuple, intellectuellement incapable de comprendre les formidables avantages que tire le capital du système, portera son fardeau sans plainte et peut-être sans s'imaginer que le système est contraire à ses intérêts" (lettre des frères Rotschild, adressée le 25 juin 1863 à Mrs Ikelheimer, Wall Street).

135 ans plus tard, ils sont surpris !

51 millions de salariés américains cotisent chaque mois pour leur retraite dans un fonds de pension privé et optent pour des plans qui leur permettent de placer leur épargne en Bourse ont vu disparaître en quelques mois des années d'économies.
L'ampleur de la crise est telle que tous les fonds de pensions américains ont été touchés. Les fonds auraient perdu au total 2 milliards de dollars en 15 mois (20 % de leur valeur).

L'enfer pour nous, le paradis pour eux

La cinquième place bancaire mondiale !

Quelle est la cinquième place bancaire, juste derrière Hongkong, Londres, New York et Tokyo ? Tout simplement les îles Caïmans, 410 000 habitants (l'équivalent de la ville de Compiègne...). Plus de 600 banques et de 50 000 entreprises y sont installées.

Plus de 28 entreprises par habitant !

Quel est le pays où il y a plus de 28 entreprises par habitant ? Les îles Vierges britanniques, qui comptent 619 916 sièges sociaux pour 21 730 âmes... Elles abritent aujourd'hui les deux tiers des sociétés off-shore.

mercredi 19 novembre 2008

Accident mortel au TAB : les parties entendues

L'accident qui a eu lieu le 17 mars 2005 au train à billettes de Gandrange, causant la mort d'un ouvrier écrasé lors d'une opération de démantèlement d'un blooming, a été évoqué en audience au Tribunal correctionnel de Metz le 13 novembre 2008.
La CGT est partie civile dans cette affaire. Le donneur d'ordre ArcelorMittal et l'entreprise STIPS, chargées du démantèlement sont les accusés.
L'avocat de la famille de la victime a souligné les carences du plan de prévention et du mode opératoire décidés par ArcelorMittal. Les témoignages des camarades de la victime ont mis également en évidence l'insuffisance des effectifs affectés à l'opération de démantèlement ainsi que la médiocrité de l'éclairage du chantier. L'avocat a mis aussi l'accent sur le caractère bâclé de l'analyse des risques en dénonçant le non-respect des dispositions du Code du travail en matière de sécurité par les deux accusés.
ArcelorMittal et l'entreprise STIPS se sont renvoyés la responsabilité de cet accident.
Le Parquet a demandé que les deux parties soient condamnées à un an de prison avec sursis et au versement d'une indemnité pour préjudice moral de 15 000 euros à 35 000 euros à l'épouse et aux six enfants de la victime.
Le jugement sera rendu le 22 janvier 2009.

Reclassements à petits pas

La commission chargée du suivi du plan de reclassements s'est réuni le 12 novembre 2008.
Elle a fait état de l'avancement à fin octobre. 343 entretiens représentant 82 % du personnel concerné ont été réalisés. 66 offres valables d'emplois (OVE) ont été transmises et 17 sont en cours de finalisation.
Parmi les 66 OVE, on note 7 mutations dont 4 cadres avec 6 au Luxembourg et 1 à Saint-Denis. 44 détachements sont en cours dont 7 cadres : 28 à Florange, 15 au Luxembourg et 1 à Saint-Denis. 7 OVE pour Florange ont été acceptées. Elles concernent 4 cadres (en attente de détachement) et 3 non-cadres. 8 autres OVE sont en attente d'acceptation (5 à Florange et 1 au Luxembourg). 1 OVE pour Florange a été refusée.
Du côté des projets de création d'entreprises, la SODIE enregistre 20 contacts dont 3 demandes d'information (1 sans suite, 1 congé de reclassement et 1 préalable à validation de projet). A cela s'ajoutent 12 validations de projet d'emploi et 5 créations potentielles concernant la mise en temps partiel de fin de carrière (TPFC).
La restitution des simulations de situation est effectuée depuis le 14 novembre. 90 salariés sont potentiellement concernés.

La CGT exige des réponses

La commission de suivi a donné l'occasion à la CGT de revenir sur une série de questions qui pose problème et pour laquelle la CGT entendait obtenir des réponses claires et précises :

Les salariés inaptes : La CGT a proposé un passage par l'ASSERPRO avant de définir un point de chute. L'AGEFI pourrait être sollicitée en qualité de conseil pour trouver les réponses les plus adaptées à la situation.

Pré-positionnement : La CGT fait état du mécontentement de certains salariés vis-à-vis des propositions qui leurs sont faites. On estime à 25 % sur un effectif de 400 concernés, les salariés qui se disent insatisfaits de leur offre. L'Inspection du travail s'est étonnée qu'une seule offre de reclassement soit présentée aux salariés. Pour elle, il est courant qu'un plan de sauvegarde de l'emploi fasse état de deux offres valables d'emploi.

Ancienneté : La CGT est revenue sur l'engagement de Mittal de prendre en compte l'ancienneté dans la rémunération notamment au Luxembourg où l'on parle seulement d'expérience et où l'ancienneté n'est prise en compte qu'à 50 %. Après débat et devant les arguments présentés par la CGT et soutenus par l'Inspection du travail, la Direction a annoncé que, désormais, il y aurait une garantie de 100 % pour la prime d'ancienneté.

Salaire : La CGT a fait état des cas où le maintien intégral du salaire n'est pas assuré pour les mutations à Florange. Elle a dénombré 15 cas avec perte de salaire sur 21. La CGT et la Direction départementale du travail ont demandé à la Direction de Gandrange de s'expliquer. Elle donnera sa réponse à la prochaine réunion.
Pour la CGT, ce qui devait rester une exception est devenu la règle.

Divers : La Direction n'a pas su quoi répondre à la demande de la CGT concernant l'attitude qu'elle adopterait en cas de refus d'un TPFC. Elle indique que les cas particuliers seront examinés.
La CGT a souhaité avoir des assurances pour les reclassements prévus en 2009. La Direction ne s'est pas prononcée.
La CGT a dénoncé les difficultés rencontrées par les salariés lors des entretiens à Florange où l'on privilégie les diplômes et non plus les compétences.
Il faut rappeler que le site de Gandrange qui a accueilli des milliers de salariés en provenance des usines condamnées situées aux quatre coins de la Lorraine, du Nord ou de la Normandie, a toujours facilité l'accueil et l'insertion des salariés mutés.

L'épée de Damoclès

Pour 85 % des personnes interrogées (contre 80 % il y a un an), les risques que leurs enfants connaissent un jour une situation de pauvreté sont "plus élevés" que pour leur génération, révèle une étude de l'IPSOS. Cette crainte est très présente chez les ouvriers et les employés, mais elle grandit également chez les cadres et les professions intermédiaires.

Le boomerang des heures sup.

Les exonérations sociales et fiscales sur les heures supplémentaires ont un coût pour les finances publiques, que la ministre Christine Lagarde a estimé à 4 milliards d'euros en 2008. Le rédacteur en chef d'Alternatives économiques, Guillaume Duval, s'est livré à un petit calcul. Selon lui, la même somme permettrait à l'Etat de financer entièrement 100 000 emplois supplémentaires.

Tout et son contraire

Telle est la devise de Nicolas Sarkozy. Dans un contexte où il s'agite beaucoup pour faire prendre des vessies pour des lanternes, il est bon de rappeler l'un des engagements pris par celui qui veut "moraliser" le capitalisme.

Je cite :

"Je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages. Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement (...). C'est ce qui a permis de soutenir la croissance aux Etats-Unis"

Avant le 29 novembre

Vote par correspondance pour les prud'hommes

Ouvert à tous et sans condition dès la mi-novembre 2008. Il suffit de glisser le bulletin de voter avec la carte d'électeur signée dans l'enveloppe reçue à domicile. Attention : la lettre doit être postée avant le 29 novembre 2008 pour qu'elle parvienne au bureau de vote au plus tard le 3 décembre 2008.

lundi 17 novembre 2008

Mittal continue de se remplir les poches

Malgré une très mauvaise conjoncture économique, Mittal ne perd pas le sourire. Les résultats de son groupe, pour le troisième trimestre 2008, enchantent toujours ses actionnaires. Comparativement à la même période de 2007, le chiffre d'affaires progresse de 38 %, le résultat opérationnel de 76 % et le résultat net de 29 %. Quant à la rémunération des actionnaires, elle s'élève à 2,3 milliards de dollars de dividendes. De quoi ne pas arracher de larmes à tout ce beau monde qui tire profit de la crise, qui frappe durement les salariés et les peuples de la planète.
Mittal a pensé à "ses chers employés". Il a prévu, comme il le dit si poliment, "des initiatives pour répondre au contexte économique actuel".

A savoir :
  • une adaptation du plan de croissance aux conditions du marché,
  • une augmentation des gains de gestion d'un montant de 5 milliards de dollars à travers des économies notamment sur les frais généraux et administratifs,
  • une augmentation des arrêts de production.
Cela s'est déjà traduit par des arrêts d'installations au mois de novembre qui s'étaleront jusqu'à fin janvier pour certaines usines.
Le chômage menace. Pour l'instant, les RTT et les CP servent de tampon.