jeudi 25 février 2010

GESIM : propositions pas recevables !

Le Gesim a soumis ses dernières propositions. A l'évidence, les patrons n'ont pas tenu compte de la chute du pouvoir d'achat des sidérurgistes ni de l'impact du chômage et de l'augmentation des charges sociales.
La CGT estime que les propositions du Gesim ne sont pas recevables, à savoir
  • prime de panier : elle passe de 13,05 à 13,20 € = + 1,2 %
  • prime d'ancienneté : elle passe de 4,35 à 4,41 € = + 1,3 %
  • prime de vacances : elle passe de 720 à 750 € = + 4 %, soit 30 €
  • augmentation des barèmes annuels garantis : Niveaux I et II = + 1,4 % - Niveaux III et IV = + 1,2 % - Niveau V = + 1,75 %

23 mars : journée nationale d'action

Une journée d'action interprofessionnelle unitaire, avec des grèves et manifestations dans tout le pays, sera organisée le 23 mars, à l'appel des cinq organisations syndicales (CGT, CFDT, FSU, Solidaires, et Unsa). L'objectif est de "peser sur les rendez-vous" fixés lors du sommet social du 15 février. CGT, FSU et Solidaires ont mis en avant le thème des retraites, tandis que la CFDT et l'Unsa préfère insister sur l'emploi ou le pouvoir d'achat. FO n'a pas signé l'appel intersyndical. Cependant, la confédération n'exclut pas d'organiser une mobilisation le même jour. Quant aux représentants de la CFE-CGC et de la CFTC, ils ont indiqué n'avoir pas encore reçu de mandat de leurs organisations pour prendre une décision.
Pour la CGT, la défense de l'emploi et des retraites restent un enjeu majeur pour l'avenir.
Le 23 mars sera un début...

Du virtuel au terrain contre Sarkozy !

Il y a mille et une façons de s'opposer à la politique de Sarkozy. Les blogueurs ont choisi de la faire à leur façon le 27 mars prochain.
Résister au Sarkozysme peut se faire dans la rue afin d'exprimer son désaccord avec le chef de l'Etat. 55 blogueurs ont lancé un appel pour l'organisation d'un "No Sarkozy Day", le samedi 27 mars 2010, à l'image du "No Berlusconi Day", en Italie. Un groupe Facebook compte déjà plus de 366 000 personnes prêtes à manifester ensemble dans toute la France. Voici un extrait de cet appel : "Nous, simples citoyens, vigilants et inquiets, en conscience et indépendamment de tout parti ou syndicat, appelons toutes celles et tous ceux qui ressentent l'envie, le besoin de dire "non" à Nicolas Sarkozy, à se rassembler pour un "No Sarkozy Day", le 27 mars 2010. Une journée pour lui dire "non". Dans presque tous les départements, des groupe Facebook locaux ont été créés afin de pouvoir discuter sur l'organisation des actions qui seront menées devant les préfectures et les sous-préfectures et à Paris, place de la Bastille. Lutter contre Sarkozy, c'est montrer son désaccord afin de toucher un maximum de personnes. Mais c'est avant tout s'exprimer dans les urnes, les 14 et 21 mars prochains, lors des élections régionales !
Site : www.no-sarkozy-day.fr

RETRAITES : tout se joue maintenant

Eric Aubin est en charge du dossier des retraites à la CGT. Il aura la lourde responsabilité de porter les propositions du syndicat lors du rendez-vous retraites fixé par le président de la République.
Il répond à nos questions :



Les seniors sont de plus en plus nombreux et l'espérance de vie s'accroît. La réforme des retraites n'est-elle pas inéluctable ?

Certainement, mais quelle réforme ? En fait, nous sommes confrontés à un véritable choix de société. Balayons d'abord les fausses évidences. Le discours selon lequel la protection sociale constitue un coût qui handicape notre économie a toujours existé. Particulièrement depuis la généralisation du droit à la retraite en 1945. Dans un rapport intitulé "Politique de la vieillesse", publié en 1962, on peut lire que le vieillissement "progresssivement, mais d'une manière inéluctable, grève les conditions d'existence de la collectivité française". Le même rapport préconisait déjà de fixer la durée des cotisations à 45 ans et l'âge de départ à la retraite à 65 ans. Et pourtant, pendant toutes ces années, l'économie s'est développée et notre pays modernisé. Pourquoi devrions-nous travailler plus longtemps au prétexte que nous vivons plus longtemps ? C'est une bien singulière conception des progrès de civilisation. L'histoire contemporaine montre qu'avec les gains d'espérance de vie, le temps consacré à la retraite n'a cessé de s'allonger sans remettre en cause la capacité de croissance de notre pays. Celles et ceux qui continuent de prétendre aujourd'hui qu'il n'y aurait pas d'autre solution que de travailler plus longtemps n'ont donc rien inventé. Mais l'expérience montre aussi que rien n'est joué d'avance.

Pourtant, n'est-il pas question d'allonger encore la durée des cotisations ou de reculer l'âge légal du départ à la retraite ?

Avant de s'engager dans cette voie, le gouvernement serait bien inspiré de livrer le bilan des précédentes réformes. Celles de Balladur en 1993 et de Fillon en 2003 devaient permettre de maintenir les droits des retraités et de résoudre durablement le problème du financement. Or, c'est l'échec sur les deux plans : on a assisté à une baisse généralisée du niveau des pensions et à un recul de l'âge du départ en retraite avec l'allongement de la durée des cotisations. Et la question du financement reste entière. Pourquoi s'obstiner dans la même direction ? L'allongement de la durée des cotisations pénalise particulièrement les jeunes qui entrent plus tard sur le marché du travail et sont confrontés à la précarité, à tel point que plus de 80 % d'entre eux se demande aujourd'hui s'ils toucheront une retraite demain. C'est la même chose pour les femmes qui subissent de plein fouet le temps partiel, la discontinuité des carrières et maintenant la remise en cause des droits familiaux et conjugaux. L'allongement du temps de travail en fin de carrière, alors que les salariés sont déjà "sortis" des entreprises à l'âge de 58 ans et 9 mois en moyenne, impliquerait mécaniquement une nouvelle amputation des pensions.

Le gouvernement est-il plus conciliant sur le dossier de la pénibilité ?

Il est à craindre qu'il l'utilise comme une monnaie d'échange pour imposer un recul de l'âge légal de la retraite. Il pourrait maintenir la retraite à 60 ans pour les salariés soumis aux travaux pénibles et reculer l'âge du départ pour tous les autres. Ce serait un formidable marché de dupes, puisque des dispositions sur la pénibilité devaient voir le jour en application de la loi de 2003 ! La CGT revendique un départ anticipé entre 55 ans et 60 ans, en fonction de la durée d'exposition à la pénibilité. Il est normal que ceux dont l'espérance de vie est réduite du fait de la pénibilité au travail -de sept ans et plus selon les études disponibles sur le sujet- puissent partir plus tôt pour bénéficier finalement d'un même temps de retraite en pleine santé que les autres. Actuellement, les employeurs font sortir les salariés usés après l'âge de 55 ans en les poussant au chômage, en maladie ou en invalidité. Nous demandons donc un dispositif spécifique leur permettant de maintenir leur niveau de vie.

Que va proposer la CGT à l'occasion de ce rendez-vous 2010 sur les retraites ?

La bonne réforme, à nos yeux, est celle qui corrige les effets délétères des précédentes et qui assure un âge et un niveau de retraite décents pour celles et ceux qui arrivent derrière. Le congrès de la CGT a décidé de porter la revendication d'une maison commune des régimes de retraite, qui solidarise les différents régimes avec un socle commun de droits garantissant notamment un départ à la retraite à l'âge de 60 ans avec, pour une carrière complète qui intégrerait les années d'étude et les périodes de précarité subies, un revenu de remplacement équivalent au moins à 75 % du salaire net d'activité.

Une telle réforme a forcément un coût. Comment la financez-vous ?

Il est souvent de bon ton de verser dans le catastrophisme lorsqu'on évoque la question du financement des retraites, pour tenter de mieux justifier les sacrifices à venir. Relativisons donc. A titre indicatif, je signale que les sociétés non financières ont distribué 83 milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires en 2008, soit 8 milliards de plus que l'année précédente, au moment où le déficit du régime général était de 5,8 milliards... Je l'ai déjà dit, avec le sujet des retraites, nous sommes confrontés à un choix de société. La part du PIB affectée au retraites est passée de 5,4 points en 1959 à 13,2 points en 2007. Elle est restée stable depuis la fin des années 1990 alors que le nombre de retraités à considérablement augmenté, c'est l'un des premiers effets des mesures Balladur. Nous pouvons toutefois observer que les gains de productivité ont permis de doubler et plus la part du PIB consacrée à la retraite en l'espace de trente ans sans mettre l'économie par terre. Nous évaluons que les ressources nécessaires pour relever le défi des retraites aujourd'hui représentent environ 6 points de PIB. Ce n'est pas inatteignable.

Précisément, comment parvenir à dégager ces 6 points de PIB pour les retraites ?

Il faut élargir l'assiette des cotisations aux revenus qui, aujourd'hui, n'y sont pas soumis : participation, bonus, intéressement, stock-options. La Cour des comptes a évalué un manque à gagner de 9 à 10 milliards d'euros pour la Sécurité sociale. Nous proposons aussi une modulation des cotisations en fonction des politiques salariales des entreprises. Il est aujourd'hui anormal qu'une entreprise qui embauche soit traitée de la même manière qu'une entreprise qui licencie. Il faut aussi remettre à plat le système des exonérations des cotisation sociales patronales. Et augmenter le niveau des cotisations, d'abord patronales puis salariées si nécessaire. J'ajoute que la question du financement de la protection sociale, donc des retraites, appelle une autre politique de l'emploi, en particulier en direction des seniors et des jeunes qui restent trop largement exclus du marché du travail.

RETRAITES : Que veulent les Français ? Un sondage édifiant

Le journal L'Humanité a commandé un sondage réalisé par l'Institut CSA pour connaître l'opinion des Français sur la retraite.
Ce sondage montre à quel point les Français sont attachés à la retraite à 60 ans. Ils placent les syndicats très nettement en tête pour conduire la réforme et désavouer par la même occasion le patronat et le gouvernement. Les Français se disent prêts à manifester pour défendre l'âge du départ à 60 ans.





Les basculeurs du LCB se fâchent

Le personnel de la bascule du parachèvement a fait état de son mécontentement concernant leurs conditions de travail aux délégués CGT venus leur rendre visite.
Ils ont décidé, avec la CGT, de se "retirer" du chantier pour cause de détérioration des conditions de travail, nuisibles à la bonne exécution de leurs tâches.
Les basculeurs ont dressé la liste de leurs griefs :
  • plus d'alimentation en eau pour la consommation et la toilette depuis le 4 janvier 2010
  • plus d'alimentation pour les douches
  • mauvais état des Fenwick
Ils en ont profité pour dire aussi leur mécontentement concernant la lenteur des entretiens professionnels.
Les responsables ont accepté de mettre en œuvre les mesures transitoires suivantes :
  • approvisionnement quotidien en eau de boisson
  • départ avant la fin de poste pour pouvoir se doucher au vestiaire mécanique ou du parachèvement avec remise en état de plusieurs douches de ces deux vestiaires
  • remise en état d'urgence des Fenwick
  • aménagement du lieu de travail
  • engagement de tenir rapidement les entretiens professionnels