jeudi 4 février 2010

Le 18 février : rendez-vous salaires

L'enquête et le sondage lancés par la CGT auprès du personnel ont souligné avec force que l'augmentation des salaires est au cœur des préoccupations.
Alors que le groupe ArcelorMittal veut imposer une deuxième année blanche pour les salaires, les sidérurgistes n'ont qu'un seul chemin à prendre : celui de l'action. Des débrayages ont déjà eu lieu dans plusieurs usines du groupe. Mardyck, Fos-sur-Mer... Les salaires sont partout à l'ordre du jour.
A Gandrange, la première réunion de négociations salariales s'ouvrira le 18 février prochain. La CGT appelle les travailleurs à prendre leurs responsabilités et à traduire en acte concret leur profond mécontentement.
La CGT appelle à un rassemblement de protestation le 18 février à 9 h 30 devant le siège de la Direction des affaires sociales.


Discrimination syndicale : nouvelle condamnation d'ArcelorMittal

Le conseil de prud'hommes de Martigues reconnaît que les militants CFDT et CGT d'ArcelorMittal Fos-sur-Mer ont été victimes de discrimination syndicale.

Un premier jugement du 30 novembre 2009 concernant 11 militants CGT reconnaît que ces militants ont été victime d'une discrimination syndicale de la part de la société ArcelorMittal.
Le bureau de jugement a missionné un expert pour quantifier les dommages et intérêts qui leurs sont dus. La Direction a manifesté son intention de faire appel de cette décision.

Un deuxième jugement du 28 janvier 2010 concernant 12 militants CFDT a constaté l'existence d'une discrimination syndicale et condamné la société ArcelorMittal à réparer le préjudice. Un expert a été désigné pour quantifier le montant de la réparation.

Un troisième jugement à venir concerne 19 militants CFDT. Affaire à suivre.

Discrimination syndicale : 300 000 euros pour cinq militants CGT

L'addition est lourde pour Sagem DS. la Cour d'appel de Paris a condamné la société de haute technologie du groupe Safran à verser plus de 300 000 euros à cinq militants CGT de l'usine d'Argenteuil. "La discrimination salariale (...) est établie" et elle "constitue un trouble manifestement illicite qu'il convient de faire cesser", selon l'arrêt rendu le 17 décembre. L'addition pourrait encore s'alourdir : ces sommes, qui vont de 44 000 à 76 000 euros, ne sont que des provisions sur des dommages et intérêts futurs.
Les militants CGT se sont appuyés sur une enquête menée en 2006 et 2007 par l'inspectrice du travail. Elle a constaté que les militants étaient placés dans une "situation très défavorable" qu'aucun "élément objectif" ne pouvait expliquer. Elle a conclu qu'il existait "une discrimination qui ne pouvait s'expliquer que par la prise en compte de leurs engagements syndicaux et de l'exercice de leurs mandats".

Du pipo comme toujours

Tout changer pour que rien ne change : tel est le message que Nicolas Sarkozy a martelé devant ses amis au forum traditionnel de Davos.

Etonnant son habituel couplet pseudo-altermondialiste, avec un hommage inédit au "nouveau citoyen mondial", il a stigmatisé "le rentier qui l'emporte sur le travailleur", la "flambée des inégalités" et les "profits excessifs qui ne sont plus supportés". Dénonçant le dumping social et environnemental dû à la prédominance des règles du libre-échange sur les droits sociaux, il a reconnu la duplicité des gouvernements, le sien inclus : "nous rognons à l'OMC et au FMI ce que nous décidons à l'OIT et à l'OMS".
Après cette douche froide, les artisans, à Davos depuis 40 ans, de cet infâme "capitalisme financier" qui "dénature le capitalisme" se sont vite consolés. Car Nicolas Sarkozy a rapidement prouvé combien il s'agissait de mots creux. Il s'est contenté de demander qu'on applique les décisions ultra-techniques déjà prises par le G20 (c'est bien beau de prendre des décisions mais encore faut-il qu'elles soient mises en œuvre) : révision des normes comptables, harmonisation des règles prudentielles, accroissement des réserves des banques en cas de titrisation. Au moins deux oublis dans la liste des décisions prises et non appliquées : la limitation des hauts revenus, la suppression des paradis fiscaux...
Message subliminal du discours : la France ne propose aucune initiative nouvelle. A peine un bref coup de chapeau à Gordon Brown qui prône une taxe sur la spéculation pour financer le développement, et à Barack Obama qui propose d'interdire aux banques de dépôt de spéculer pour leur compte. Et une nouvelle fanfaronnade : un "nouveau Bretton Woods" l'an prochain pour réformer le système monétaire international quand la France présidera le G20.
En arrière-plan de ce discours, la crainte avouée des réactions populaires : "si nous ne changeons pas, les changements nous seront imposés par les crises économiques, politiques, sociales". Mais, Sarkozy est moins inquiet que Brown, à la veille d'élections législatives qui semblent perdues d'avance -et Obama- qui vient de perdre sa majorité qualifiée au Sénat. C'est pourquoi il importe de faire monter la pression sur lui avant le G20 de juin prochain à Toronto. Dominique Strauss-Kahn y présentera les propositions du FMI sur les moyens de faire payer par la finance les coûts de son sauvetage, et les chefs d'Etat ou de gouvernement décideront.
Au lieu des sempiternelles fanfaronnades, il faudrait imposer une véritable taxe sur l'ensemble des transactions financières. Pas une taxe "Canada Dry", mais une taxe qui permette de couper définitivement les ailes de la spéculation et de financer les urgences sociales et écologiques, la lutte contre la pauvreté au Nord comme au Sud et contre le réchauffement climatique.

Discrimination salariale : la SNECMA condamnée

Le motoriste aéronautique Snecma (groupe Safran) a été condamné par le conseil des prud'hommes de Nanterre, pour discrimination sexuelle "en termes de carrière et de salaire" envers huit ouvrières de son usine de Gennevilliers (Hauts-de-Seine). L'entreprise est condamnée à verser entre 8 000 et 60 000 euros à chacune d'elles, pour une somme totale de 288 000 euros.
Les huit femmes, âgées de quarante-sept à soixante-six ans, soutenues par la CGT, étaient entrées à l'usine entre 1972 et 1984, la plupart comme ouvrières spécialisées. Elles avaient saisi les prud'hommes en 2005, certaines d'entre elles se plaignant d'avoir vu leur situation stagner pendant des années. Dans chacun des cas, le conseil des prud'hommes a estimé que la salariée "a apporté des éléments de fait permettant de constater à son encontre une discrimination en terme de carrière et de salaire sur le critère du sexe". Comme la Snecma n'a pas opposé d'éléments objectifs et pertinents circonstanciés, les prud'hommes ont considéré dans leur jugement que la discrimination alléguée est de ce fait juridiquement démontrée.
C'est une décision juridiquement forte pour ces femmes ouvrières dans un milieu d'hommes.

Le P3 redémarre à Hayange

Compte tenu de la situation du marché des brames en Europe, l'usine lorraine fonctionnera avec les deux hauts fourneaux P3 et P6 de Patural pendant une durée qui n'a pas été précisée. Elle devrait être probablement de plusieurs mois. Peut-être jusqu'en juin prochain. Ce redémarrage répond à une nette reprise de l'activité. La marche à deux hauts fourneaux, comme le site n'en avait plus connu depuis l'automne 2008, devrait progressivement pousser l'usine à produite bien au-delà de 180 000 tonnes de brames par mois et approcher de sa capacité maximale, au printemps, si la demande en acier, dans l'automobile notamment, perdure.

La CGT salue cette reprise mais se demande avec quel effectif va-t-on travailler ? Après les départs massifs en 2009, il manque 30 % du personnel pour faire tourner correctement et en toute sécurité les lignes de production.
Se pose aussi la question du traitement des gaz des hauts fourneaux depuis l'arrêt de la centrale de Richemont. De plus, on constate qu'on a déjà du mal à produire avec un haut fourneau, qu'est-ce que ce sera avec deux ? Il y a un véritable problème de compétences. Pour l'instant, la Direction ne donne pas de réponse.

Corus : les grands rails pour le TGV

Une note d'optimisme vient d'être apportée aux sidérurgistes d'Hayange.
Le grand projet "108 m" de Corus vient d'entrer dans une phase concrète, avec la pose de la première pierre du chantier d'agrandissement de l'usine à rails d'Hayange. Celle-ci pourrait accueillir d'ici le mois d'août 2001 la fabrication de rails d'une longueur de 108 mètres contre 80 actuellement. Les travaux représentent un investissement de 35 millions d'euros pour un contrat de 350 millions d'euros avec la SNCF. La productivité de Corus Hayange devrait augmenter d'un tiers avec ces nouveaux rails. Ce projet devrait assurer la pérennité de l'entreprise et fidéliser nos principaux clients. Selon des projections, les rails longs de plus de 90 m devraient atteindre 72 % du marché en 2014.

Il peut tout et il ne fait rien...

Mais de qui parle Victor ? Lu sur le site DESINTOX.INFO


"Que peut-il ? Tout. Qu'a-til fait ? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eut changé la face de la France, de l'Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets : ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! Cette roue tourne à vide. L'homme qui, après sa prise du pouvoir, a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé".
Ainsi parlait Victor Hugo de Napoléon dans son livre dans "Napoléon le Petit".
NB : le texte complet est disponible sur Google Book.

Mobilisation CGT pour faire respecter la loi !

L'union locale CGT d'Hagondange a dénoncé sur la place publique l'attitude du Maire d'Amnéville qui ne respecte ni le droit du travail ni le droit syndical et encore moins les décisions de justice. La CGT a demandé aux pouvoirs publics de tirer toutes les conséquences d'une telle attitude et de sévir comme il se doit cette attitude inadmissible pour un représentant élu. La République est défigurée par un tel comportement.
A l'appel de la CGT, de nombreux salariés sont venus, le 3 février à la Mairie d'Amnéville, apporter leur soutien aux délégués sanctionnés privés de leur droit à travailler.
CRS, policiers municipaux et quelques valets à la botte étaient là pour accueillir les manifestants. Le Préfet a reçu une délégation CGT dans l'après-midi.



Bonimenteur et cynique à la fois

Sarkozy à Davos : on est partagé entre l'admiration pour le talent du bonimenteur et l'écœurement devant son cynisme. Etonnant son habituel couplet pseudo-altermondialiste, il a stigmatisé "le rentier qui l'emporte sur le travailleur", la "flambée des inégalités" et les "profits excessifs qui ne sont plus supportés". Dénonçant le dumping social et environnemental dû à la prédominance des règles du libre-échange sur les droits sociaux, il a reconnu la duplicité des gouvernements, le sien inclus : "Nous rognons à l'OMC et au FMI ce que nous décidons à l'OIT et à l'OMS".
Mais en quoi consiste sa politique quotidienne, si ce n'est à adapter la France aux exigences de ce capitalisme financier "dénaturé" ? Le bouclier fiscal ne visait-il pas officiellement à faire revenir des fortunes trop mobiles ? La suppression de la taxe professionnelle à accroître la "compétitivité" des entreprises françaises, c'est-à-dire leur capacité à servir les dividendes et plus-values escomptés par leurs actionnaires ? La réforme des retraites, à quoi sert-elle, si ce n'est à sanctifier un partage des richesses favorable au capital comme jamais il ne l'a été par le passé ? La suppression des postes dans la fonction publique et les services publics, la privatisation des entreprises publiques, la réforme des collectivités territoriales n'ont-elles pas exactement le même objectif ?
Quel que soit le talent du communicateur, il ne peut éternellement tromper son monde. Le retour de bâton pourrait être fort et l'inquiétude pourrait percer dans le discours. On nous berce avec des prévisions de croissance et de baisse du chômage, mais la crise financière est loin d'être terminée. Les coupes sombres dans les dépenses publiques, au nom de la lutte contre les déficits budgétaires insoutenables, vont provoquer des conflits sociaux majeurs dans de nombreux pays. Le discours de Nicolas Sarkozy a au moins un mérite : celui de nous montrer la cible, la domination de la finance capitaliste, qu'il cher à protéger à tout prix.